Carol (les eaux dérobées) – Patricia Highsmith

30710137_2013505715568420_5887716696080252928_n.jpg
RÉSUMÉ

« Thérèse, vendeuse dans un grand magasin, rencontre Carol, qui est belle, fascinante, fortunée. Elle va découvrir auprès d’elle ce qu’aucun homme ne lui a jamais inspiré : l’amour. Une passion naît, contrariée par le mari de Carol, lequel n’hésite pas à utiliser leur petite fille comme un moyen de chantage.

 Second roman de Patricia Highsmith, Carol fut refusé, en 1951, par son éditeur américain en raison de la hardiesse du sujet. Il parut sous un pseudonyme, Claire Morgan. »

 

MON AVIS

Thérèse est en couple depuis quelque temps avec Richard, et malgré qu’elle ait déjà eu une ou deux relations sexuelles avec lui, elle ne prend aucun plaisir, et n’est pas amoureuse de lui. Puis un jour au magasin où elle travaille, elle va rencontrer Carol, une femme d’âge un peu plus mûr, et d’une grande beauté. A partir de ce moment, elle lui voue une passion totale. Elle comprend alors ce qu’est aimer, d’un simple regard envers Carol, et d’un simple sourire de sa part.

Du jour au lendemain, toutes deux vont partir en voyage, passer de villes en villes, et se découvrir, amoureuses l’une de l’autre. Mais ce bonheur ne sera que de courte durée, puisque le mari de Carol va lui faire du chantage, n’appréciant pas cette relation. Leur fille étant en jeu.

Ce serait Carol, dans un millier de villes, un millier de maisons, dans des contrées étrangères où elles iraient ensemble, au ciel comme en enfer.

J’ai vécu la relation entre Carol et Thérèse comme si j’étais moi-même avec elles. J’ai été révolté lorsqu’elles l’étaient, perdue quand Thérèse ressentait de la trahison, et triste quand Carol était mal. Je me suis attachée à elles, à cette histoire, et je l’ai aimé ! J’ai tourné les pages sans penser à autre chose qu’à elles, et à ce qui se passerait ensuite.

Mais j’ai tout de même pris mon temps, je me suis délectée de chaque moment, sans me presser et me jeter dedans. L’histoire en elle-même est un peu lente, il n’y a pas énormément d’actions, mais elle est importante pour son sujet, et la justesse avec laquelle il est abordé. Elle met en avant l’évolution des sentiments de Carol et Thérèse, et non les événements présents autour.

L’histoire des protagonistes, et la plume de Patricia Highsmith, sont très poétiques. Les mots utilisés sont justes, et ont une grande importance dans le récit. Ils n’ont pas été choisis par hasard, et c’est ce que j’ai adoré. Thérèse est en proie à une renaissance tout au long du bouquin; on la découvre timide et jeune fille, mais on la quitte changée et femme. Cette métamorphose la rend davantage attachante et belle. Et Carol, que dire d’elle, elle fait face à une situation la rendant malheureuse et impuissante, mais son amour pour Thérèse n’en ressort que plus fort.

De plus, j’ai trouvé que la relation amoureuse entre ces deux femmes était assez dans la retenue. On sent qu’elles s’aiment, il n’y pas de doute, mais pour Carol c’est différent. Elle a un mari et un enfant à sa charge, elle a déjà connu cela, et montre moins ses sentiments que Thérèse, du moins au début. La situation s’inverse vers la fin du roman, et cela m’a permis de me mettre davantage dans la tête de Carol. Seul petit hic, nous n’avons pas le point de vue de Carol, ce qui est regrettable, car c’est davantage dur de se mettre à sa place pour comprendre ce qu’elle ressent.

Elle eut l’impression, fugitive, que son esprit venait de déborder de ses rives et qu’il s’épanchait, libre, dans l’espace.

En bref, je te dirai que ce livre est une révélation littéraire. Je ne m’attendais pas à grand-chose en le commençant, car je n’avais encore jamais lu de livre sur l’homosexualité, mais une fois commencé, j’ai compris que je ressortirai de ma lecture changée. Carol, c’est une histoire intemporelle ; un mari jaloux qui ne supporte pas que sa femme soit justement amoureuse d’une autre femme, l’Amérique des années 50 où l’homosexualité n’est pas acceptée, et un amour qui triomphe de tout, envers et contre tous.

L’autrice, Patricia Highsmith, a d’ailleurs dû publier ce roman sous un autre nom, tant c’était un sujet assez scandaleux à l’époque. Ce qui, je trouve, renforce son importance.

 

patricia highsmith
Patricia Highsmith

 

Un commentaire sur “Carol (les eaux dérobées) – Patricia Highsmith

  1. comme d habitude, en lisant le resumé et ton analyse, on a envie de lire ce livre, c’est un sujet qui interpelle plus d un, combien de couples se sont separés, des hommes ou des femmes mariés qui ont refoulé leur homosexualité et osent à un moment de leur vie tout quitter pour vivre leur veritable amour.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s