Lettre de Frida Kahlo à son mari Diego Rivera #Lettre1

J’inaugure cette nouvelle catégorie sur mon blog, avec cette lettre que j’ai découverte il y a quelques mois grâce à Georgio. Comme je l’ai dit dans un précédent article, j’aime beaucoup Frida Kahlo. Son histoire, son caractère, et sa force, font d’elle une femme inspirante, et admirable.

Dans cette lettre adressée à son mari, avec qui elle entretient une importante correspondance, Frida se livre sur ce qu’elle ressent, et sur l’absence de celui-ci.

 

frida-diego---

 

12 septembre 1939,

Ma nuit est comme un grand cœur qui bat.

Il est trois heures trente du matin.

Ma nuit est sans lune.

Ma nuit a de grands yeux qui regardent fixement une lumière grise filtrer par les fenêtres.

Ma nuit pleure et l’oreiller devient humide et froid.

Ma nuit est longue et longue et longue et semble toujours s’étirer vers une fin incertaine.

Ma nuit me précipite dans ton absence.

Je te cherche, je cherche ton corps immense à côté de moi, ton souffle, ton odeur.

Ma nuit me répond : vide ; ma nuit me donne froid et solitude.

[…]

Ma tête erre, mes pensées vont, viennent et s’écrasent, mon corps ne peut pas comprendre.

Mon corps te voudrait.

Mon corps, cet aléa mutilé, voudrait un moment s’oublier dans ta chaleur, mon corps appelle quelques heures de sérénité.

Ma nuit est un cœur en serpillière.

[…]

Mon corps ne peut pas comprendre.

Il a autant besoin de toi que moi, peut-être qu’après tout lui et moi ne formons qu’un.

Mon corps a besoin de toi, souvent tu m’as presque guérie.

Ma nuit se creuse jusqu’à ne plus sentir la chair et le sentiment devient plus fort, plus aigu, dénué de la substance matérielle.

Ma nuit me brûle d’amour.

Il est quatre heures du matin.

Ma nuit m’épuise.

Elle sait bien que tu me manques et toute son obscurité ne suffit pas pour cacher cette évidence.

Cette évidence brille comme une lame dans le noir.

Ma nuit voudrait avoir des ailes qui voleraient jusqu’à toi, t’envelopperaient dans ton sommeil et te ramèneraient à moi.

Dans ton sommeil, tu me sentirais près de toi et tes bras m’enlaceraient sans que tu te réveilles.

Ma nuit ne porte pas conseil.

Ma nuit pense à toi, rêve éveillé.

Ma nuit s’attriste et s’égare.

Ma nuit accentue ma solitude, toutes mes solitudes.

Son silence n’entend que mes voix intérieures.

[…]

Ma nuit te cherche sans cesse.

Mon corps ne parvient pas à concevoir que quelques rues ou une quelconque géographie nous séparent.

Mon corps devient flou de douleur de ne pouvoir reconnaître au milieu de ma nuit ta silhouette ou ton ombre.

Mon corps voudrait t’embrasser dans ton sommeil.

Mon corps voudrait en pleine nuit dormir et dans ces ténèbres être réveillé parce que tu l’embrasserais.

Ma nuit ne connaît pas de rêve pus beau que celui-là.

Ma nuit hurle et déchire ses voiles, ma nuit se cogne à son propre silence, mais ton corps reste introuvable. Tu me manques tant. Et tes mots. Et ta couleur.

Le jour va bientôt se lever.

 

Source: Deslettres.fr 

J’ai préféré enlever des passages afin, de garder ceux que je trouve les plus beaux. Pour retrouver la lettre complète, il suffit de cliquer sur le lien de la source.

En espérant que ce nouveau contenu te plaise ! 

2 commentaires sur “Lettre de Frida Kahlo à son mari Diego Rivera #Lettre1

  1. belle lettre, on imagine tres bien le contexte à la veille de la guerre……on pense à nos grand-parents qui ont vécu à cet époque, on aurait du les enregistrer

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