Sous le soleil de mes cheveux blonds

Un titre intriguant et une histoire aux allures romanesques. Une vie rythmée par France Gall et ses sons. Agathe Ruga nous livre ici le récit d’une période importante. Celle du passage de l’adolescence à la vie d’adulte.

Brigitte et Brune ont toujours été si différentes. L’une blonde et bourgeoise. L’autre brune  (et oui…) et extravertie. A elles deux elles forment pourtant une belle paire. Les BB. Ensemble elles traversent les années. Celles des découvertes, de la jeunesse, des premiers rendez-vous, des premiers déboires. Les folles années ! Au milieu de leur groupe d’amis et de leurs études de médecine, elles rêvent du futur, de l’avenir qui les attend.

 » La déception chez une femme ne s’efface jamais. Elle se superpose seulement à d’autres. L’amour d’une femme se mesure à la quantité de déceptions que son ventre peut supporter. Une fois que celle-ci a pénétré l’âme, le mépris qui l’accompagne ne peut s’en déloger « 

Puis un jour, sans aucune explication Brigitte disparaît. Elle laisse Brune et rejette cette amitié. Quelques années plus tard, Brune tombe enceinte. Elle ressent alors davantage la douleur de l’absence de Brigitte. C’est le moment de repenser à leur histoire, à toutes ces années partagées. D’autant que celle-ci vient la hanter dans ses rêves. Là, elle aussi attend un enfant. Est-ce un signe ? Brune ne peut se résoudre à oublier, et son amie lui manque. Elle essaie de comprendre ce qui les a toutes deux éloignées. Elles, pourtant si complices, si fusionnelles.

 » Tu es partout. Tu fais un bruit épouvantable. Tu es pire qu’une rupture mal digérée, ton absence prend toute la place. Parfois j’imagine que tu meures, et je suis prise d’une angoisse insurmontable, car je comprends que le manque s’eprouvera encore apres ton décès. Je dois faire le deuil de toi vivante. L’absence est pire que la mort, rien n’arrête le sentiment d’absence, on est condamné à vivre avec tous ces absents qui demeurent quelque part et sans nous. Et quand bien même ils tenteraient de revenir dans nos vies, leur réapparition ne changerait rien. Ils ont été absents, ils seront toujours absents, ils ont créé un immense vide, impossible à combler. Il n’y pas d’issue. Les absents sont des trous dans nos cœurs « 

Agathe Ruga, avec ce premier roman, signe un réel tourbillon de vie. Un tourbillon duquel on ne veut plus sortir. La jeunesse accompagnée de ses premières fois. La découverte de l’amour, du sexe, des sorties jusqu’à 5h du mat. Mais également la découverte des déceptions et désillusions. Inévitables celles-là. Elles s’immiscent partout. Il y a aussi l’éveil de la féminité. Cette féminité qui ne laisse personne de marbre. Celle qui, une fois découverte, est comme un aimant. On ne s’en sépare plus.

La plume d’Agathe, le maniement des mots, rend toute cette histoire personnelle. On a accès aux moindres pensées de Brune. A ces moindres blessures. A ses sentiments. Et bien-sûr, à ses déceptions. Alors, on se prend au jeu. On vit aussi cette histoire, ses trahisons, ses joies. On vit tout avec elle.

Marie

Un commentaire sur “Sous le soleil de mes cheveux blonds

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s